20 octobre 2009
Vague au ventre
Le vent souffle.
Orage incandescent
Raz-de-marée sur mon corps qui attend
La vague fluide de votre langue
Dans mon enveloutante crique.
Ressac du désir de Vous
Planté en moi
Comme le phare de Corps-Doux-Ange.
(désolée, je n'ai pas trouvé le phare de Corduan dans la tempête...)
Coup de gueule
Oui, la Panthère s’énerve et, pour se défouler, a décidé de
mettre en mots, chez la Petite, sa rage.
Y en a marre :
- des gens qui ne savent pas faire la différence entre
salle de bains et salle d’eau (non, même seule, un bac à douche est moins
confortable qu’une baignoire !) ;
- de ceux qui vous baguenaudent en demandant des tonnes
de papiers et de garanties et vous envoient
un texto laconique "désolée, la maison est louée" ;
- de ceux qui annoncent 140 m2 qui au final se révèlent
tellement biscornus que même un lit de 140 ne tient pas dans une chambre ;
- des agences dont le responsable Location est toujours
absent, ne rappelle jamais ni ne répond aux mails.
Bref, j’en ai marre de ne pas trouver Notre maison !
12 octobre 2009
Votre oeuvre
Je Vous attendais assise au pied de la Croix.
À la simple lueur des bougies.
Juste vêtue de mon harnais de cuir.
Étreintes.
Baisers.
À s’étouffer.
À devenir le souffle de l’Autre.
Chaleurs.
Nus, sentir enfin nos peaux s’aimer.
À genoux, tous deux, face à face.
En boule entre vos jambes.
Ployé sur moi comme pour m’absorber, m’engloutir.
"Ma Chose, mon Jouet"
Je ne suis plus moi.
Je suis Tout.
Je suis Vous.
Je suis Nous.
Je suis votre sexe qui gonfle dans ma bouche et me remplit.
Je suis Vos mains qui m’empoignent.
Je ne pense plus à moi.
Je Vous pense, en plaisir, en folie.
"Fais-moi jouir"
Je veux votre plaisir déversé en moi.
Je Vous bois.
Je suis Votre force.
Je suis Votre Chose d'amour.
Vous me fixez à la Croix.
Aux pointes de mes seins, deux petites pinces de bois.
Je ferme les yeux, ma tête part en arrière. Mon esprit
s’envole, comme les flammèches des bougies.
Vos doigts jouent de moi et me font jouir, je ne
m’appartiens plus : Vous disposez de moi.
Puis Vous libérez mes chevilles.
Vous accrochez une chaîne au bracelet de ma cheville, Vous
tirez et mon pied gauche quitte le sol. Vous arrimez la chaîne en haut de la
Croix.
Vos gestes sont précis, sûrs et pourtant doux.
Vous me disposez…
Le genou à hauteur de ma taille, on dirait que je m’apprête
à monter une marche très haute.
Vous faites de même avec ma jambe droite.
Je me retrouve en suspension, les mains cramponnées aux
poignées de fer.
Je sens Votre regard d’Ange protecteur autant que
tourmenteur, attentif à mes réactions.
Je n’ai pas peur, je m’offre à Vous, en toute confiance.
Vos mains soutiennent mes fesses et c’est ainsi que Vous me
pénétrez, m’embrochez, dirais-je, tant j’ai l’impression délicieuse que votre
sexe est immense à chaque fois qu’il me fend !
Une épée de velours dans mon ventre qui explose.
Vous m’avez descendue de la Croix pour me retourner.
Mon souffle est court.
Le premier coup sur mes fesses me fait sursauter.
J'ignore la nature de l'objet qui me cingle, mais mes reins se creusent
sous ce plaisir douloureux.
Votre main parfois vient caresser ma chair meurtrie pour en adoucir le feu, avant de recommencer. D’un côté, de l’autre, me surprenant à chaque fois. Déraisonnablement, je voudrais que cela ne cesse pas. Aller plus loin, plus fort.
Le temps d’une douche amoureuse et nous voici sur le lit.
Nos peaux s’absorbent, nos corps s’entreprennent et se
confondent encore et encore.
Luxuriance du plaisir, débordement de tendresse.
Je t’aime.
Avant de nous rhabiller, Vous prenez un stylo.
Au creux de mes reins, je ressens plus que je ne devine ce que Vous écrivez.
"Je signe mon œuvre", dites-Vous avec un sourire
d’enfant fier et heureux.
Plus tard, seule devant ma psyché, je contemple les
marbrures de mes fesses : Votre œuvre.
Tout le week-end, je les ai admirées, caressées. Habillée, je souriais en pensant à ce double tatouage d'amour, les marques et Votre paraphe.
SI la signature s'est hélas trop vite effacée, les traces sont encore bien visibles.
Et dans mon corps et dans mon âme, je Vous appartiens mon Ange.
Que j’aime cet état !
Vous êtes parti il y a peu.
Le temps d’un mail au banquier, d’une courte sortie de
Doudou, et me voilà sur le canapé en train d’écrire.
Je me sens tellement bien !
Que j’aime cet état !
C’est vrai que cela faisait longtemps que Vous n’étiez pas
venu à la maison.
Nous retrouver ainsi, Vous en Ange très Ange, moi, votre Chose
d’amour… c’est une ivresse emparadisante.
Je ne sais pas si je ne sens plus mon corps ou si, au
contraire, j’en ressens chaque millimètre.
Si je pèse une tonne ou si je suis aussi légère qu’une
plume…
Seule certitude : je Vous aime et j’aime cet état.
J’ai du mal à taper sur le clavier, car je tremble encore.
Une partie de moi écrit, une autre vibre encore à votre
diapason.
Vous m’avez fait voler, danser, chavirer.
Je suis épuisée, je suis revivifiée.
J’ai bu à Votre source, j’en perds la tête, j’en trouve mon
corps.
Fixer les images, fixer les sensations.
Vous m’avez surprise, Vous m’avez capturée, Vous m’avez
donné tant d’amour.
Tant d’amour dans les gestes que Vous aviez imaginés avant
de venir.
Tant d’amour dans Vos mains me manipulant.
Tant d’amour pour moi.
Toute Votre force qui passe en moi.
Toute Votre lumière qui m’illumine.
Si je sais que Vous m’aimez, demandez-Vous parfois ? Il y a
des moments, comme ceux-là, où je prends toute la mesure de Votre amour.
Dialogue "holographique"
Sur l'écran noir de mes nuits blanches,
Moi je me fais du cinéma…
(Claude Nougaro)
Hier soir, au lit…
- Mon Ange, Vous m’emmenez ?
- Oui, ma Douce, je t’enveloppe de mes ailes et tu vas
t’endormir.
- Pouloulou ! Je suis cuite !
- Hmmm, alors je vais te manger !
- Ne dites pas des choses comme ça ! Je ne vais plus
avoir envie de dormir, moi !
- Alors, je vais laisser reposer et je te mangerai demain
matin. Ce sera encore meilleur !
- Hmmm, à moins que, demain matin, ce ne soit moi qui
Vous mange !
J’ai passé une bonne nuit.
À chacun ses berceuses ou ses
somnifères…
Sur l'écran noir de mes nuits blanches,
Moi je me fais du cinéma…









